Le 21 Mai 2010, le discours de Christian Estrosi ministre chargé de l’industrie concernant l’opération Nice Ville sans contact mobile souligne les usages fait du sans contact dans la vie quotidienne des Niçois. Il présente également son projet de labellisation « villes services mobile sans contact », qui va bénéficier du soutien de l’Etat. Un projet qui va s’aligner sur celui de Nice pour un plus grand déploiement. Il annonce aussi la participation d’un opérateur mobile dans une commercialisation d’envergure national de mobile sans contact d’ici 2011.
Mesdames, Messieurs,Chers amis,
“Aujourd’hui Nice fait le pari de l’innovation. Aujourd’hui Nice fait le pari de l’avenir.
Il y a un an, presque jour pour jour, j’annonçais, en présence demon prédécesseur, Luc Châtel, uneinitiative de premier plan visant à expérimenter à Nice des services innovants reposant sur les technologies sans contact.

C’est un grand plaisir pour moi de donner aujourd’hui le coup d’envoi officiel de cette opération.
Mon ambition, c’est de faire de notre ville le laboratoire de la ville du futur. C’est inventer de nouvelles manières de vivre ensemble. Je veux faire en sorte que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de Nice, quelque soit le quartier où il vit, puisse profiter pleinement de toutes les avancées que permettent les techniques modernes et dont le but est de rendre la vie quotidienne plus facile.

J’ai la conviction profonde – que je veux une fois encore vous faire partager – j’ai la conviction que le destin de notre ville est d’être un territoire d’innovation et de création. Mes chers amis, une nouvelle technologie comme celle que nous mettons en oeuvre aujourd’hui avec le « sans contact » est appelée à modifier nos comportements. Il en va ainsi de tout ce qui est nouveau.
Pourtant, ce n’est pas une chose que l’on doit craindre. Disant cela, je veux d’abord rassurer nos aînés qui parfois hésitent à changer leurs habitudes ou qui sont réticents à voir se transformer leurs repères familiers.

Je leur dis à eux comme je le dis à toutes les Niçoises et à tous les Niçois.
Les appréhensions vis-à-vis des changements qu’apportent l’introduction dans notre quotidien les technologies nouvelles, ces appréhensions – si du moins elles existent – ne sont pas fondées.Le but n’est pas de vous compliquer la vie. Tout au contraire. Il s’agit de vous la rendre plus facile.
C’est pourquoi la modernité des outils qui sont aujourd’hui mis à votre disposition, cette modernité doit rester l’affaire de tous. Le succès de cette entreprise, c’est-à-dire son appropriation par le plus grand nombre, ne repose que sur cette seule condition : la simplicité de son utilisation.

Aujourd’hui, tout le monde ou presque possède un portable. Beaucoup d’entre nous sommes lesdétenteurs d’une carte bancaire. Le «sans contact » utilise ces outils devenus d’usage courant dans nos vies quotidiennes.
C’est cette démonstration que j’ai voulu faire devant vous tout au long de la matinée que nous venons de passer ensemble sous le regard curieux et intéressé des Niçois ….
Une fois les applications installées sur votre mobile, vous entrerez de manière simple et directe dans une nouvelle relation avec votre environnement quotidien. Un exemple… Vous habitez sur les collines de St Pierre de Fééric et vous souhaitez vous rendre au musée d’Art moderne.

Vous consultez d’abord votre mobile pour avoir l’horaire exact de passage du 64. Dans le bus, il suffit ensuite d’approcher votre téléphone, même éteint, devant le valideur et votre titre de transport à 1 € est composté.
Arrivé à la Gare, vous voulez acheter votre quotidien avant d’emprunter le tramway. Chez le commerçant, même geste, vous approchez votre téléphone ou votre carte bancaire à 1 ou 2 centimètres du terminal de paiement et c’est payé !
Désormais, un geste aussi banal que le paiement d’un café au comptoir, l’achat d’une baguette de pain ou d’un billet de tramway, de tels gestes ne nécessiteront plus de rechercher quelques pièces au fond d’un porte-monnaie.

Mais notre ambition ne se limite pas à ces quelques gestes simples. Elle va en réalité bien au-delà. La technologie sans contact, c’est une ouverture sur un immense champ de possibilités. Certains usages –je me tourne vers les concepteurs – sont sûrement encore à inventer !

Dès maintenant, elle facilite la découverte de notre patrimoine. Nous venons d’ailleurs ensemble d’en faire l’expérience.
Les oeuvres présentes au sein de ce grand musée, ces oeuvres se présentent elles-mêmes au visiteur.Elles lui disent qui elles sont. Elles l’invitent à mieux voir.
L’histoire de notre ville se rappelle à notre mémoire au détour d’une rue du Vieux-Nice. Elle se découvre à l’ombre des arbres d’une place. Elle se révèle dans le pittoresque d’un quartier. Tout le rapport que nous entretenons avec notre ville, avec ses commerçants, avec nos amis, avec nos voisins se trouve transformé.

Je suis très fier à l’idée de penser que nous sommes ensemble, ici à Nice, sur le point d’inventer une forme nouvelle de convivialité urbaine.

Mon deuxième sujet de fierté, c’est de constater qu’un tel déploiement constitue une première en Europe.”

Mesdames, Messieurs,Chers amis,

“Il va bien falloir que nous en prenions l’habitude. Nice est de plus en plus regardée comme une ville précurseur en matière d’innovation.
C’est notre ville qui vient d’être déclarée lauréate de la 4ème édition du prix innovation et design qui s’est déroulée à Londres le 10 mai dernier.
Cette récompense labellise en quelque sorte la vocation de notre territoire à être une terre d’innovation grâce aux projets que nous développons à Eco-Vallée, grâce aussi à nos chercheurs, à nos universités,au technopôle de Sophia-Antipolis, à notre pôle de compétitivité….

Nous avons sur notre territoire des entreprises dont certaines excellent dans les domaines à forte visibilité comme celui de l’innovation numérique….
Le formidable projet qui nous réunit aujourd’hui vient après le partenariat que nous avons noué avec ERDF pour le déploiement de l’expérimentation « Smart Grid », une gestion intelligente de l’offre et de la demande électrique.

Nous préparons ensemble avec Eric CIOTTI, président du Conseil général, le plan 100 % numérique.Dans ce domaine, nous affichons une volonté très forte, celle d’offrir à tous les habitants des Alpes- Maritimes une couverture très haut débit d’ici 2012.
Je rappelle que Nice est l’une des 10 villes pilotes en France dans lesquelles Orange déploie la fibre optique chez les particuliers.

Alors oui, je suis très fier de pouvoir affirmer qu’une fois encore notre ville, avant Paris, avant Rome,avant Londres Berlin ou Barcelone, se positionne comme précurseur en devenant la première grande métropole en Europe à déployer le « sans contact mobile » sur l’ensemble de son territoire.

L’offre de services que nous vous proposons aujourd’hui est déjà très fournie. Elle ne fera que monter en puissance au cours des prochains mois.
Les Niçois pourront utiliser un téléphone mobile équipé d’une puce NFC, dont plusieurs milliers d’exemplaires sont déjà prêts à être commercialisés. Pour le paiement, ils pourront également utiliser une carte sans contact mise à disposition par leur banque. L’ensemble de ses solutions sera interopérable, c’est-à-dire neutre du point de vue de l’utilisateur.

Pour parvenir à ce résultat, il a fallu nous montrer volontaires et créatifs dans de nombreux domaines.
Je pense aux relations entre les différents acteurs du projet, à la mise en place des logos et de la signalétique, je pense à l’implantation des terminaux et, bien sûr, au choix et à l’éventail des services proposés.
Ce n’était pas une démarche facile car certains partenaires ont des intérêts concurrents, ce qui est parfaitement légitime. Nous y sommes arrivés. Tout le monde a joué le jeu. Tout le monde a répondu présent et s’est engagé sans réserve dans cette démarche exemplaire, à la hauteur des ambitions que nous nourrissons pour notre ville.
A cet instant, je veux rendre hommage aux opérateurs mobiles, aux banques, aux sociétés de transport, aux commerçants, aux institutions culturelles, aux fabricants de terminaux qui tous ont cru à la faisabilité de ce projet et qui ont choisi Nice pour l’implanter.

Beaucoup de regards vont dès à présent se tourner vers Nice comme un exemple qu’il faut suivre et peut-être imiter. Car, vous l’avez compris, cette journée n’a pas une portée seulement locale. C’est bien la première pierre d’un édifice d’envergure nationale que nous posons aujourd’hui.

Ma conviction c’est qu’un projet comme le nôtre, est exemplaire de l’ambition qui doit désormais guider notre pays dans sa volonté de revenir aux premiers rangs des grandes nations industrielles. L’innovation au service de l’homme : c’est ainsi que nos entreprises pourront conquérir les marchés de demain.
Aujourd’hui – l’exemple de Nice en fournira l’illustration – la France peut légitimement prétendre à devenir la nation leader de l’économie du sans contact.
Nous avons cette ferme volonté. Nous en avons aussi les atouts.
Dans le domaine des puces sans contact, c’est en France que les deux acteurs les plus avancés au niveau mondial ont choisi d’ancrer leur base industrielle.

L’un – NXP – a choisi de localiser l’essentiel de sa R&D pour les technologies sans contact sur le territoire français, tandis que l’autre est une PME française basée dans notre région, à Aix-en-Provence : Inside Contactless.

En prenant la décision au début du mois de mai d’entrer au capital d’Inside Contactless, le Fonds stratégique d’investissement a lui aussi voulu apporter son soutien à la qualité de ce projet industriel. 7,5 millions d’euros ont été apportés par le FSI à l’augmentation de capital qui prépare l’acquisition de la division  « composants sécurisés » de la société Atmel, basée à Rousset (Bouches-du-Rhône) ainsi qu’en Grande-Bretagne. Le nouveau groupe constituera un ensemble de premier plan au niveau mondial sur le créneau des puces sans contact.
C’est, je vous l’assure, un marché à très fort potentiel. Selon le Cabinet IDATE, 14% des téléphones mobiles vendus dans le monde en 2012 auront une puce sans contact, ce qui représente 200 à 250 millions d’unités.
Le potentiel de marché pour toutes ces technologies est de l’ordre d’un milliard d’euros à horizon de 2 ans, ce qui peut représenter plusieurs milliers d’emplois en France si nous nous donnons les moyens de saisir cette opportunité. C’est une illustration concrète du développement de l’industrie, avec l’objectif d’augmenter de 25% d’ici 2015 la production industrielle française.

Nous n’en avions peut-être pas pleinement conscience au départ de cette aventure mais le lancement de « Nice sans contact » arrive à un moment-clé, un moment de maturation pour les usages numériques…
Ce moment, c’est celui de l’explosion de l’Internet mobile, des smartphones, des services Web mobiles… or qu’est-ce que le sans contact, si ce n’est un trait d’union entre, d’une part, l’environnement immédiat de l’utilisateur et, d’autre part, son univers connecté au réseau mondial Internet.

C’est bien sûr un enjeu local d’attractivité, afin de renforcer les centres d’excellence technologique autour de Nice, mais c’est aussi un très fort enjeu de compétitivité pour notre pays.

Si aujourd’hui la France dispose d’un temps d’avance dans le domaine du « sans contact », si elle est pionnière pour le déploiement de son utilisation ici à Nice, c’est aussi parce que nous avons eu la volonté politique de favoriser son essor.

L’appel à projets IPER, lancé par Luc Châtel en 2009, a permis de soutenir 13 projets concernant les aspects les plus innovants du sans contact. Trois de ces projets ont directement contribué à tirer l’initiative niçoise vers le haut. Ils ont bénéficié d’un soutien de l’Etat de 1,4 M€, ce qui a permis d’étendre les services offerts dans les transports niçois et l’information touristique dans le vieux Nice, ainsi que de développer une carte d’étudiant virtuelle multiservices en lien avec l’université de Nice Sophia Antipolis.

En ce qui me concerne, j’ai lancé le 10 février dernier un nouvel appel à projets, qui porte le soutien aux projets français à dix millions d’euros. Les résultats seront connus le mois prochain. Les acteurs niçois, je les en félicite, ont répondu présents, en proposant des projets toujours plus innovants. Au niveau  national, cet appel à projets a rencontré un très fort engouement, notamment de la part des acteurs de la distribution ou de la santé.
Mon ambition est maintenant d’engager dès 2011 un plus large déploiement du « sans contact » au niveau national.
L’expérience niçoise – qui constitue le premier temps de mon plan en 3 étapes – va nous permettre de valider les solutions techniques et d’ajuster les paramètres qui doivent encore l’être.

Ainsi, sur la question du paiement sans contact mobile, les banques et les opérateurs mobiles travaillent ensemble à résoudre les dernières questions de modèle économique. Je leur demande de mettre en place des règles favorables à une large adoption du paiement sans contact, notamment pour les petits achats.

L’enjeu numéro un, vous l’avez compris, c’est d’atteindre rapidement une masse critique d’utilisateurs et de services pour que la dynamique des acteurs fasse boule de neige : plus de rapidité dans les paiements, la suppression des queues pour les billets de transport comme de spectacles, la diminution du nombre de cartes et de papiers et des informations beaucoup plus importantes disponibles à la demande, variant suivant votre environnement immédiat, voilà ce que va permettre la nouvelle génération de téléphones mobiles dotés d’interfaces sans contact.

C’est pourquoi je me réjouis qu’un des opérateurs annonce aujourd’hui qu’il s’engage dans une démarche de déploiement d’envergure nationale dès 2011 et prévoit, dans ce cadre, la commercialisation prochaine de plusieurs centaines de milliers de mobiles sans contact.

Les collectivités territoriales ont un rôle essentiel à jouer. Il leur est possible comme nous le faisons à Nice et comme je les y encourage, de créer une dynamique au travers des services de transport et des services publics locaux.

A cette fin, je vous annonce que je lancerai d’ici l’été un appel à déclarations d’intention auprès des collectivités territoriales et autorités organisatrices de transport, en relation avec leurs entreprises partenaires, afin de labelliser 3 à 5 « villes services mobiles sans contact ». Cet appel à déclarations constituera le lancement de la deuxième phase de mon plan, celle de la préfiguration en 2011, qui elle-même précédera en 2012 la dernière étape consacrée à l’industrialisation du processus.

Donc, nous sélectionnerons les agglomérations proposant les démarches les plus ambitieuses et dont les applications concerneront des territoires significatifs en termes d’étendue. Je pense naturellement aux grandes agglomérations comme Paris, Lyon ou Marseille.
Je pense également aux grandes communautés urbaines confrontées aux mêmes problématiques. J’en profite ici pour remercier les représentants des collectivités qui sont présents à nos côtés aujourd’hui pour assister au lancement du pilote de cette opération à Nice.

L’objectif est donc que ces initiatives soient lancées d’ici un an. Elles pourront ainsi bénéficier pleinement du retour d’expérience de notre ville. Ce sont ces villes qui préfigureront le déploiement national.
L’Etat sera bien sûr, je m’y engage, à leurs côtés pour les soutenir et les accompagner dans leurs démarches. Les initiatives qui seront prises pourront bénéficier d’une partie du volet numérique de l’emprunt national, qui est doté de 2,5 milliards d’euros.

Les villes retenues seront labellisées. Ce label apportera aux acteurs industriels la visibilité requise pour engager rapidement les investissements liés à ces projets. Les collectivités impliquées pourront enfin développer des coopérations entre elles, par l’échange de bonnes pratiques ou par la mutualisation de solutions.”

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

“Une politique industrielle ambitieuse, créative et porteuse d’innovation comme celle que nous mettons en oeuvre, est une politique qui se place d’abord au service de l’homme. Nos villes qui chacune constitue une communauté où s’exprime le mieux l’aspiration au vivre ensemble, là où nous avons notre travail, là où nos enfants étudient, là où nous partageons toutes les richesses que nous offre la culture et l’amour de notre patrimoine, nos villes sont des lieux où nous pouvons nous réinventer chaque jour.

C’est cette image que donne aujourd’hui notre ville et dont nous pouvons être fiers. En effet, la vocation de notre ville n’est pas de suivre ou d’imiter ce qui se fait ailleurs, mais de créer et d’être une référence. La vocation de notre ville, ce n’est pas de suivre l’époque, c’est de lui ouvrir la voie.”
Je vous remercie.
Christian Estrosi