Alors que la France rencontre des difficultés de déploiement du NFC, ce sont des millions de puces RFID sur mobile Felica qui sont en circulation aujourd’hui au Japon. Voici un article intéressant du site Clubic.

126 millions: c’est le nombre de porte-monnaie électroniques à puce sans contact actuellement en circulation au Japon en ne comptant que les six plus importants recensés (Edy, Suica, Pasmo, Nanaco, Waon et Icoca). Cela représente un ratio d’une carte par habitant.

Tous reposent sur la même puce à transmission par radiofréquences (RFID), Felica de Sony, laquelle est devenue au Japon un standard de facto. Elle voit ses emplois s’y multiplier, d’une part du fait de la diffusion massive des cartes de paiement et de transport de ce type, mais aussi en raison de l’intégration de la puce Felica désormais presque systématique dans les téléphones portables, et de son implantation dans d’autres appareils.

Les six plus importants porte-monnaie électroniques nippons émanent des secteurs des transports et de la distribution. Tous sont utilisables dans des boutiques partenaires, en plus de celles détenues par l’émetteur de chaque porte-monnaie. Un nombre croissant de commerces en acceptent plusieurs, ce qui dope les utilisations et qui est aussi avantageux pour eux (pas d’erreur de rendu, de piécettes à compter, rapidité imbattable des transactions, etc). De plus, anonymes ou nominatives, ces cartes permettent de recueillir de précieuses informations sur les modes de consommation des différents profils de clients, et d’améliorer les offres et publicités en conséquence. Au Japon, les clients y voient plutôt une bonne chose (les réclames sont plus pertinentes et les propositions plus personnalisées). Ils sont censés savoir que le commerçant prévoit ce type de traitement, cela figure dans le document remis au moment où l’on se procure une carte. Des nouveaux terminaux compatibles avec tous ces systèmes ont progressivement été installés dans un très grand nombre de magasins, distributeurs automatiques, taxis, restaurants des mégapoles et de petites villes japonaises.

En 2007, une société japonaise TPG, qui dispense divers types de formations informatiques, a même ouvert de nouvelles classes dans le pays à l’attention des personnes, notamment les seniors, qui hésitent à utiliser un porte-monnaie électronique, faute d’en comprendre le fonctionnement. Désormais, cet usage est devenu naturel pour des millions d’individus, même si la marge de progression est encore très élevée.

Au cours du mois de janvier, plus de 133 millions d’encaissements par porte-monnaie électronique ont été recensés, ce qui correspond à plus d’une utilisation mensuelle par carte, et représente une progression de 38% par rapport au total enregistré au cours du même mois un an auparavant. C’est encore peu comparé aux paiements en liquide, mais cela augmente très vite, d’autant que les Japonais ne règlent avec les cartes de crédit ou bancaires traditionnelles que les sommes importantes, équivalentes à cent euros au moins, et encore est-ce le grand minimum. Le porte-monnaie électronique tend de fait à remplacer l’argent liquide sans empiéter sur le terrain des cartes classiques. Cela se ressent d’ailleurs dans la circulation de la petite monnaie qui fléchit: on en a de moins en moins besoin grâce à la monnaie électronique De plus, la Banque du Japon suit désormais aussi de mois en mois l’évolution des transactions par porte-monnaie électronique, ce qui prouve qu’elles commencent à peser.

Aux caisses du supermarché que fréquente l’auteur de ces lignes, un client sur deux paie avec sa carte sans contact Edy, laquelle est de plus adossée à un système de points de fidélité très incitatif. Au bout du compte, les points accumulés, convertibles en autant de yens, permettent grosso modo de payer un panier de course de 25 euros sans rien débourser environ une fois tous les deux mois si on achète pour 150 euros par semaine payés avec cette carte.

Edy (55 millions d’exemplaires) est émis par la société Bitwallet, propriété de la plus importante galerie marchande virtuelle nippone, Rakuten. Il est valable dans 175.000 boutiques réelles.

Suica (28,5 millions), qui sert aussi de ticket de train et métro multi-trajets sans contact, est le porte-monnaie de la compagnie de chemins de fer JR East. Accepté dans 80.000 commerces, il est massivement utilisé dans les régions de Tokyo et Sendai desservies par JR East.

Pasmo (14,22 millions) est similaire à Suica. Il utilisable également sur toutes les lignes de trains et métros de l’agglomération de Tokyo, mais il est émis par les autres compagnies opérant dans la capitale et alentour. Il permet de payer dans 68.000 commerces en plus des 80.000 acceptant Suica.
Suica et Pasmo ont des équivalents dans les autres régions du Japon, comme Icoca dans le kansai (région d’Osaka, Kyoto), un porte-monnaie/carte de transport diffusé à 5 millions d’unités et accepté dans 68.000 enseignes commerciales. Dans le nord on utilise Kitaca.

Nanaco (9,55 millions) est quant à lui le porte-monnaie électronique du premier groupe de grande distribution japonais Seven & I Holdings, qui coiffe 12.000 supérettes multiservices Seven Eleven (ouvertes 24 heures sur 24), les hypermarchés Ito Yokado, des restaurants familiaux etc. Nanaco est accepté dans 28.000 boutiques. Waon est enfin le porte-monnaie électronique proposé par le principal concurrent de Seven & I, à savoir le groupe Aeon qui détient aussi des milliers de supérettes et des grandes surfaces. Waon est utilisable dans 47.000 points de vente.

De plus en plus de commerces et autres entreprises perçoivent dans le développement du paiement dématérialisé un fort potentiel pour créer des offres nouvelles et rendre les services plus commodes. Des prestations de location de vélos commencent à se mettre en place qui exploitent tous les avantages des cartes à puce sans contact.

L’opérateur de télécommunications mobiles NTT Docomo prépare par exemple le lancement d’un service de bicyclettes en partage, dont la particularité sera d’employer le téléphone portable comme mode de localisation, de réservation, de déverrouillage et de paiement, grâce au module de géolocalisation par satellite GPS et à la carte à puce sans contact servant d’identifiant, de mode de paiement et de clef pour libérer le vélo de la borne.Cette stratégie de NTT Docomo ne se limite pas au vélo. Des services de voitures en partage utilisent aussi le porte-monnaie électronique comme sésame. Un prototype de borne de recharge pour voiture électrique est aussi doté d’un tel mode d’identification, ce qui permettra en outre de conserver l’historique des recharges correspondant à un utilisateur.

Dans des salles de sport, chaque machine peut être associée à un lecteur de puce sans contact. Le client s’identifie avec sa carte ou son téléphone Felica, et l’historique de ses différents passages sur les tapis de course, vélos et autres machines est enregistré, ainsi que ses courbes de progression. La carte lui sert aussi accessoirement à fermer et rouvrir la consigne dans laquelle il laisse ses affaires. Des hôtels ont aussi associé à leurs serrures des lecteurs Felica de sorte que les clients peuvent obtenir une clef électronique sur leur propre téléphone portable, sésame qui est valable uniquement durant leur temps de séjour.

Les services en ligne sont aussi concernés, pour payer par carte sans contact des contenus et à la demande et autres achats grâce à un lecteur associé à un ordinateur ou un téléphone mobile porte monnaie, mais aussi pour régler des commandes de produits réels.

Seven & I a par exemple ouvert un supermarché en ligne accessible depuis un ordinateur ou un téléviseur connecté à internet et équipé (sur sa télécommande) d’un lecteur de puce Felica. La carte porte-monnaie électronique Nanaco, la même que celle qu’on utilise dans les supermarchés ayant pignon sur rue, sert ainsi d’authentifiant pour accéder au site (pas de nom ni de mot de passe à saisir) ainsi que de moyen de paiement. Les bulletins de promotions qui généralement sont distribués dans les supermarchés sont disponibles aussi en version électronique. De plus, des recettes de cuisine sont en ligne et en une passe le ou la cliente peut commander tous les ingrédients ainsi que transférer ladite recette sur son téléphone portable pour la confectionner dans la cuisine où elle ne peut pas emporter ni son ordinateur ni la télévision du salon. Par ailleurs, de nouvelles variantes de puces Felica, plus simples et moins chères, ont été développées pour élargir le champ des utilisations diverses.

Ainsi moult appareils et supports peuvent-ils être enrichis d’une puce Felica qui, à l’instar d’un code à barres mais plus facile et rapide à lire, stocke des données que l’on peut décoder avec un ordinateur muni d’un lecteur dédié ou bien un téléphone portable. Les dernières séries de mobiles de NTT Docomo sont en effet non seulement équipés d’une puce sans contact Felica pour remplir les fonctions de billet de transport, carte de fidélité ou porte-monnaie électronique, mais aussi d’un lecteur de puce externe.

Seront prochainement ainsi proposés des podomètres, balances, thermomètres, tensiomètres et autres appareils de surveillance de condition physique dotés d’une puce Felica qui sera lue par le téléphone portable. Ce dernier adressera les données à un serveur dédié pour établir des suivis d’exercices sportifs et de santé.

De même, d’autres types de nouvelles puces passives pourront être plaquées sur les affiches, dans la presse, distribuées dans les prospectus et être lues par un téléphone portable pour renvoyer sur une adresse internet par exemple.

Source: www.clubic.com