Nice Nfc blog.jpgLe paiement sans contact avec un mobile devrait se généraliser dans notre pays, notamment après le lancement à Nice d’un projet à grande échelle. Explications avec le délégué général de l’Association française du Sans Contact Mobile.


Après bien des tâtonnements et des expérimentations, le paiement par mobile sans contact (grâce à la technologie NFC ou Near Field Communication) devrait désormais se généraliser en France. Cette technologie permet d’échanger sans fil des données à courte distance entre un mobile et un lecteur dédié.

Après le lancement de diverses expérimentations à Caen et à Strasbourg, c’est la communauté urbaine Nice Côte d’Azur qui lancera, à grande échelle dès le printemps 2010, cette technologie avant d’autres déploiements nationaux. Rappelons que ce service (qui associe un mobile équipé d’une puce NFC pour le consommateur et un lecteur dédié chez le fournisseur) permet par exemple de régler des achats (comme les transports en commun) ou sa place de parking.

Concrètement, et c’est une première, les trois opérateurs mobiles français participent au projet ainsi que des établissements bancaires et Veolia Transport, chargé des transports en commun. 3 000 abonnés des trois opérateurs seront équipés d’un mobile doté d’une puce NFC et pourront donc dès l’année prochaine commencer à tester le paiement sans contact pour leurs transports avant que le service soit étendu.

Pierre Noizat, délégué général de l’AFSCM, l’Association française du Sans Contact Mobile nous en dit un peu plus.

-Quels sont les objectifs du projet NFC de la communauté urbaine Nice Côte d’Azur ?

Il ne s’agit plus d’expérimenter mais de se lancer dans le grand bain. Nous considérons donc ce lancement comme une véritable répétition générale avant un déploiement national de ce service en France. Après avoir rôder le processus avec les opérateurs et les sociétés de transports, le projet se place dans une logique de déploiement industriel. Il s’agit également d’un galop d’essai pour d’autres applications sans fil.

-Le service sera lancé au printemps prochain auprès de 3000 abonnés, quelle sera la date de sa généralisation à Nice ?

On ne connaît pas encore le calendrier de la montée en charge car on dispose encore de peu d’informations concernant les retours d’expérience dans ce domaine.

-Le paiement des transports est utile, mais quid des autres services ?

Le bouquet de départ inclura le paiement des transports en commun, l’information sur ces transports et le paiement chez les commerçants. Mais, en effet, l’utilité du NFC va progresser à mesure que le nombre de services va s’étoffer. Mais cela sera rapide. En effet, le projet de la ville de Nice suit nos préconisations, à savoir l’utilisation de standards ouverts et internationaux. N’importe quelle société ou éditeur pourra proposer des services NFC.

-Combien de commerçants seront équipés ? Seront-ils taxés pour l’utilisation de ce mode de paiement ?

Nous n’avons pas encore ce chiffre. Concernant les commissions, ça ne devrait pas être différents de ce qui est pratiqué pour la carte bleue.

-Le secrétariat à la Consommation a lancé il y a un an le Forum des Services mobiles sans contact qui a pour objectif de soutenir le développement du NFC. D’ailleurs, Luc Chatel a confirmé que l’Etat soutiendra le projet de la ville de Nice. Qu’en est-il ?

L’innovation est un processus délicat où l’Etat a du mal à trouver sa place, un appel à projets a bien été lancé mais nous pensons que son impact sera limité même s’il sera incitatif. En fait, ce sont d’abord et avant tout les collectivités locales qui font office de moteurs dans ce type de projets.  Ce sont les collectivités qui se coordonnent permettant beaucoup plus d’efficacité.

-Le développement et le succès du NFC sont tributaires de nombre de téléphones disponibles. Où en sont les fabricants ?

Désormais, des marques majeures proposent des mobiles NFC et les projets en Europe et en France poussent les fabricants à aller plus vite. D’autant plus que les villes se concentrent sur des protocoles standardisés. A la fin de l’année prochaine, nous pensons que 5 à 6 références seront disponibles en France et le double un an plus tard.

Source: ZDnet.fr