Une Ecole de la forêt verra le jour cette année. Le projet fait la part belle aux technologies modernes de l’internet des objets. Une nouvelle offre du tourisme doux pour une première suisse.

Un arbre parle et vous le comprenez. Non, ce n’est pas de la science-fiction bien que l’on ait recours à des effets spéciaux. Vous pourrez connaître la dénomination latine de cet arbre, son âge, sa biologie, son environnement, son utilisation voire son parfum. L’astuce? Un code-barres fixé sur le tronc qui, photographié par votre téléphone mobile, va vous donner accès à une foule d’informations via l’internet. C’est la technologie RFID pour «identification par radiofréquence».

Cet internet des objets, le président de Mase Eric Balet veut le mettre au service du tourisme doux via un sentier didactique. «L’éducation à l’environnement est, à certains égards, un échec. Il faut tester autre chose. L’idée est d’utiliser des technologies modernes pour redécouvrir la forêt.» Et tout est possible le long d’un parcours forestier. Décrire le biotope d’une baie, son acidité, son utilisation culinaire ou médicinale. Ou encore localiser l’aire de chasse d’un aigle, montrer l’animal ou reproduire son cri. Le tout sur un portable, avec traduction des textes en plusieurs langues. On parle de concept de «réalité augmentée» grâce à la technologie et aux sensations procurées. Il existe déjà une école de ce type en Suisse allemande avec des programmes d’initiation à la nature. Mais l’Ecole de la forêt de Mase, en forme de «Sylvagora», sera la première du genre en Suisse à utiliser le concept RFID. Le public cible rassemble principalement les écoles, les touristes mais aussi les familles. Eric Balet souhaite aller vite. «L’idéal serait de disposer d’un prototype en juin déjà lors des promenades scolaires». Le projet pourrait démarrer rapidement avec le transfert des informations existant dans le guide «Sentier nature» entre Nax et Eison.

Chasse au trésor

Mase a déjà sollicité un partenariat avec la ville de Sion qui fournirait des classes cobayes afin de tester le système. D’autres partenaires ont été approchés: le canton, la commune de Vernamiège, des cycles d’orientation, la HES-SO pour le e-learning, le RFID Center à Sierre qui a développé l’application pour téléphone mobile permettant de lire un code-barres «Datamatrix» et la Fondation suisse Silviva. «On pourrait imaginer pour les écoles d’inclure un enseignement ludique, comme une chasse au trésor au moyen de la géolocalisation, ou préparer un programme en fonction du niveau de connaissances», s’enthousiasme Eric Balet. Seul hic, le déplacement des puces électroniques d’un endroit à l’autre pour diversifier les parcours pourrait nuire l’écosystème forestier. «Nous allons discuter avec les organisations de protection de l’environnement pour trouver la meilleure formule».

La commune de Mase va engager 100 000 francs à la concrétisation du projet. Si une roulotte fera dans un premier temps office de guichet d’accueil, l’idée serait, à moyen terme, d’utiliser ou de construire un bâtiment pour accueillir des salles de classes, un laboratoire d’expérimentation, des expositions et des séminaires. Eric Balet voit encore plus loin. «Nous pourrions élargir ce concept RFID au projet de biosphère hérensarde.»

Source :  http://www.lenouvelliste.ch/