Intel et l’Université de Washington démontrent un prototype de puces RFID dotées de capteurs capturant l’énergie des ondes radio.Un grand pas en avant dans l’alimentation des puces et dans l’évolution des usages qui y sont associés.

Intel Research Seattle et l’Université de Washington ont sorti de leur laboratoire un prototype de tag RFID passif doué de capteurs capables de capturer l’énergie des ondes radio. Un avancée significative dans le monde de la puce radio fréquence, toujours à la recherche de moyens pour rendre les traditionnelles étiquettes plus autonomes et surtout plus intelligentes.

Comme nous l’indiquait Claude Tételin, leader du groupe traçabilité du pôle SCS (Solutions Communicantes Sécurisées),  l’alimentation des puces constitue la priorité n°1 chez les chercheurs.  « Nous essayons de récupérer l’énergie là où elle est. D’abord en piochant dans l’environnement, avec l’énergie solaire, puis en s’intéressant à l’énergie dégagée par le corps humain.» Pourquoi? Car la moindre parcelle d’énergie peut alimenter des fonctions supplémentaires que l’on peut greffer à la puce. Comme une mémoire dynamique ou encore des couches de sécurité.

C’est à cette problématique à laquelle viennent de répondre les labos d’Intel et de l’Université de Washington dans leur projet WARP (Wireless Ambient Radio Power) qui met en lumière un procédé pour récupérer l’énergie des ondes radio émises par n’importe quelle source, – les tests ont été réalisés sur l’émetteur TV de Seattle -, et surtout la stocker temporairement pour alimenter le tag.

Ce projet s’inscrit dans une initiative plus vaste baptisée WISP (Wireless Identification and Sensing Platform) dont le but premier est de construire un tag mêlant la RFID à des technologies de capteurs sensibles à la lumière, à la température à l’accélération à la déformation et au liquide. Avec comme condition que les données capturées soient lisibles avec un lecteur compatible EPC. L’idée de base du projet est donc de pouvoir alimenter ses puces WISP par les ondes UHF émises par ces mêmes lecteurs.

Joshua R. Smith, ingénieur principal au Intel Research Seattle, explique à nos confrères du RFID Journal une scénario d’utilisation pour le respect de la chaine du froid : « Des tags WISP dotés de capteurs de températures pourraient être placés lors du transport de nourriture, de poches de sang, de médicaments sensibles à la chaleur ou encore d’autres denrées périssables. Lorsque les manchandises sont stockées dans un compartiment froid, des lecteurs RFID de type Gen2, en position fixe, interrogent régulièrement les étiquettes. A chaque lecture, les tags transmettent leur identifiants et toutes données pré-définies sur la température. Mais, à chaque interrogation du lecteur, un circuit électrique (super-capacitor) sur le WISP peut collecter une partie de l’énergie des ondes radios émises par le signal du lecteur. Une fois en transit et hors de portée du lecteur, les étiquettes peuvent toutefois effectuer des contrôles de température à intervalle régulier, alimentées par l’énergie accumulée dans le circuit électrique. Ces contrôles pourraient être stockées dans une banque de données située dans la mémoire du tag et transmis aux lecteurs une fois la livraison arrivée à destination. Les données ainsi récupérées pourraient immédiatement exposer chaque variation de températures durant le transport, potentiellement dommageable pour la marchandise. »

Voilà qu’une nouvelle fonctionnalité s’ajoute à la puce RFID, quels seront selon vous les prochaines technologies qui pourront être incluse sur cette technologie?  

En savoir plus : Le projet WISP

Source : http://www.lemagit.fr/