Le NFC étend peu à peu ses ramifications lors du Mobile World Congress. Les premiers services sans contact commencent frileusement à apparaître au fur et à mesure que mûrit la technologie.
Alors que se précise la perspective de téléphones équipés de puces NFC, avec l’arrivée de ces modèles sur le marché des mobiles à la fin 2009, les services exploitant les capacités du sans contact commencent à se multiplier dans les allées du Mobile World Congress de Barcelone.
Une adoption qui sera probablement en demi-teinte jugent unanimement les acteurs présents sur le salon, tout n’hésitant pas à miser sur une technologie prometteuse. Le cabinet Juniper Research prévoit la généralisation des téléphones équipés NFC d’ici à 2013, date à laquelle le parc NFC devrait atteindre les 700 millions unités.
Dans l’intervalle, il faudra encore peaufiner la technologie NFC, fer de lance du sans contact. Avec pour tendance : le support multi-standard de technologies issues de l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute qui définit les normes télécoms en Europe) et du NFC Forum (en charge de la promotion et de la standardisation du NFC), notamment.
« Ce support multi-standard est une forte demande de la part des opérateurs et constitue un point de départ fondamental dans le développement de services associés et dans l’usage du sans contact », explique Jean-Bernard Blanchet, chef de produit logiciel NFC chez Inside Contactless (un fournisseur de semi-conducteurs spécialisé sur le sans contact), qui présente justement à Barcelone une telle puce. « Elle intègre toutes les technologies développées par l’ETSI, notamment SWP (protocole qui gère la communication avec la SIM) […], le support des protocoles du NFC Forum, le support du peer-to-peer ». Rappelons que NFC est souvent montré du doigt pour ses multiples couches normalisées, un casse-tête considéré comme un frein à son adoption.

Un premier pas dans les services
Il est clair que les services se développent autour du NFC, même si c’est encore avec prudence, résume Gerhard Schuchnigg, directeur marketing chez Safran. Tout en constatant que le marché commence à s’éloigner des scénarii traditionnels dans le domaine des transports ou encore le paiement. Exemple avec la solution de pari hippique de l’industriel. Le principe : coller un tag NFC derrière chaque type de pari susceptible d’être réalisé par l’utilisateur. Le téléphone lit le tag, enregistre l’information dans une application. Plus tard, l’utilisateur peut valider ses paris sur une borne et obtenir un justificatif de la nature et du montant de sa mise.
Même son de cloche chez Netsize, spécialiste du marketing mobile, dont la particularité est d’annoncer un partenariat avec Airtag, constructeur de solution NFC. Un rapprochement du monde des services et de celui des constructeurs de solutions NFC qui donne une idée de la tendance.
Pour le responsable marketing de Netsize, présent au Mobile World Congress, le sans-contact constitue un eldorado en matière de fidélisation de la clientèle. Tout en anticipant un déplacement des budgets marketing vers le segment de la mobilité. En clair, une alchimie qui fera sens dès l’adoption massive de la technologie par les constructeurs de téléphones. Le partenariat repose aujourd’hui sur une simple carte. L’utilisateur passe une puce NFC (qui referme pour l’heure un seul numéro de téléphone) devant le lecteur Airtag. Les informations sont transmises à la plateforme de gestion de campagne de Netsize.

Appel aux développeurs pour plus d’applications
Avant l’adoption massive, reste également à résoudre un autre problème, souligne Bruno Charrat, vice-président des lignes de produits NFC chez Inside Contactless. Celui des développeurs qui devront s’approprier la technologie et venir sur ce créneau. « Quand on intègre une puce NFC dans un téléphone, on intègre également tout une couche logicielle, et on connecte le composant à la pile Java », explique-t-il, martèlant haut et fort que la spécification Java JSR 257 (API Java pour des communications sans contact) doit davantage intéresser les communautés de développeurs. « Il faut qu’ils viennent à ce monde-là », appuie-t-il.

Le code-barre 2D comme solution transitoire
En attendant la popularisation de NFC (voire de la RFID), les éditeurs tablent sur une solution alternative éprouvée, le code à barre 2D. C’est notamment la voie explorée par Mtag, fabriquant du Mobile Tag – solution qui a été retenue par les 3 opérateurs de téléphonie mobile en France -, pour illustrer le concept de Flashcode. Reposant sur le principe du QR (Quick response) code japonais, le Flashcode associe une action à un code-barre 2D. Cette action est activée dès lors que le code est capturé par téléphone portable, via l’appareil photo ou la vidéo, puis décodé par une application.
C’est sur cette base que repose MeePass, une offre d’identification mobile qui délivre sur le téléphone portable un identifiant unique et utilisable une seule fois sous la forme d’une code-barre 2D. Une fois lu par un lecteur, cet identifiant permet ensuite d’accéder à des services de paiement et de couponing par exemple.

Source : http://www.lemagit.fr/