Pour sa deuxième édition, le Forum Netexplorateur a consacré une session aux objets communicants ou intelligents, démocratisés en France par le lapin Nabaztag de la société Violet. Anthony Belpaire, directeur général de Tikitag, nous présente les nouvelles étiquettes communicantes de sa société (une filiale de l’équipementier Alcatel Lucent).
Qu’est-ce que Tikitag ?

Anthony Belpaire : Tikitag est un service permettant d’associer des applications avec un objet par le biais d’une petite étiquette électronique [appelée aussi « tag » ou « balise »] collée sur cet objet. La valeur ajoutée ? Nous sommes convaincus que cela présente un intérêt pour le grand public mais aussi pour des milliers d’applications professionnelles nécessitant des interactions avec les utilisateurs. L’utilisateur peut dans ce cas interagir avec une application de façon plus rapide et intuitive. Il lui est possible de lancer une solution en rapprochant simplement un objet équipé d’une puce d’un lecteur compatible.

Vous avez des exemples ?

Anthony Belpaire : Nous avons un client qui fait de la location de voiture à court terme. Pour eux, il est important que chaque voiture nettoyée soit directement enregistrée dans le système comme disponible pour être louée à nouveau. Ils ont collé des étiquettes Tikitag sur le tableau de bord de chaque véhicule. Une fois la voiture lavée, le garagiste passe son mobile sur la puce et la base de données de la société de location de voitures est immédiatement actualisée. Autre exemple : le système peut être utilisé pour permettre à des infirmières de signaler qu’elles ont bien visité un patient.

Comment se procurer les Tikitag et les paramétrer ?

Anthony Belpaire : Pour les PME, il est aujourd’hui possible d’acheter en ligne – pour 34 euros – un pack comprenant dix étiquettes RFID, un lecteur [compatible avec Windows ou Mac OS X] et un abonnement gratuit au service Tikitag. Mais il y a une limite. Au-delà de 100 puces, il faut payer cet abonnement.
Pour le paramétrage, il y a deux interfaces. La première est une interface Web, qui permet d’associer en quelques clics une puce avec une gamme d’applications standards. Il est par exemple possible de la lier avec une adresse internet, une application téléphonique, un logiciel de gestion des temps ou un système de traçabilité. La deuxième est une interface de programmation API [pour « Application Programming Interface »]. Elle permet d’intégrer une application distante avec la plate-forme Tikitag.

Quels sont les enjeux ?

Anthony Belpaire : D’abord, il y la protection de la vie privée. Nous n’utilisons pas de tags RFID à longue portée comme cela se fait notamment dans le secteur de la logistique, avec une distance pouvant aller jusqu’à quatre ou cinq mètres. On utilise des puces NFC [« Near Field Communication », une évolution du RFID], ce qui demande une très grande proximité entre l’utilisateur et l’objet. L’utilisateur garde donc le contrôle sur l’information et l’initiation de certaines actions. Ensuite, l’utilisation est limitée à un code bien précis, limité à une application. Il est donc impossible de confronter ces données avec d’autres informations privées. Un autre enjeu concerne les lecteurs intégrés aux téléphones mobiles et le standard NFC. Nous travaillons avec les équipements de tierces parties pour que tout lecteur compatible avec le standard NFC puisse être utilisé avec Tikitag.

Pour l’instant, il y a très peu de mobiles compatibles ?

Anthony Belpaire : Nokia en propose quelques uns depuis deux ans [Nokia 6131 NFC et Nokia 6212 Classic] et il y en a d’autres, au Japon notamment. La pénétration de ces terminaux NFC, surtout destinés aux salariés nomades, varie en fonction des pays. En France, il n’y a actuellement que quelques pourcents de téléphones mobiles qui ont cette capacité. Les prévisions donnent toutefois 40% des nouveaux terminaux compatibles d’ici trois ans [le cabinet Strategy Analytics estime qu'environ 250 millions de téléphones compatibles NFC seront vendus dans le monde d'ici 2012].

Le service peut-il intéresser les opérateurs ?

Anthony Belpaire : Bien sûr, Tikitag a une vision industrielle et nous essayons d’avoir des synergies avec Alcatel Lucent. Si un opérateur mobile propose un terminal doté d’un lecteur NFC, nous sommes en mesure de lui proposer des applications compatibles pour des populations données, par exemple les services de nettoyage…

Source : http://www.usinenouvelle.com