Cette carte de nouvelle génération pourra stocker près d’un giga-octet de données, intégrera un serveur web pour dialoguer avec les ordinateurs et favorisera le paiement sans contact.

Il ne s’agit ni du nouvel iPhone, ni d’un forfait à prix cassé incluant toutes les communications en illimité. Pourtant, cette puce de quelques centimètres carrés, à l’intérêt souvent méconnu, « risque de changer [la] vision du téléphone mobile », selon Orange. Jeudi, sans trop en faire de publicité, l’opérateur a mis en ligne sur son blog des informations sur une carte SIM de nouvelle génération, dont le déploiement est prévu « prochainement ».

Orange souhaite faire de cette « carte SIM 2.0 » le « coffre-fort numérique » de ses abonnés. Avec une capacité de stockage portée à un giga-octet contre 256 Ko dans la plupart des cas actuellement, cette puce pourra stocker une bonne partie de la vie numérique des utilisateurs de mobile, comme « votre fond d’écran, vos sonneries, vos menus, vos widgets ainsi que tous vos paramètres de personnalisation d’un terminal à l’autre », promet Orange. Mais aussi les historiques d’appels, tous les messages envoyés et reçus, ainsi que des contenus pré-chargés par l’opérateur ou achetés sur l’ordinateur.

Ces données pourront aussi être lues bien plus rapidement – 12 Mbits/s au lieu de 9 Kbits/s –, grâce à un nouveau protocole de transfert. Et elles resteront sécurisées par le code PIN, « assurant un haut niveau de sécurité ». Cela permet « d’héberger des informations confidentielles (données bancaires, gestion de droits…) et ouvre la voie à de nouvelles applications », comme le paiement sans contact grâce au téléphone mobile (NFC), décrit Orange.
Des éléments pourront être glissés à distance, depuis le PC, sur le serveur web du téléphone portable.
Un serveur web intégré

La principale nouveauté ne tient toutefois pas à la capacité et à la vitesse de la carte. Désormais, la carte SIM disposera aussi de sa propre adresse IP et sera capable d’héberger et de mettre en ligne des contenus en tant que serveur web. L’intérêt ? Les téléphones mobiles pourront ainsi être facilement synchronisés à distance avec l’ordinateur. « Chaque opération est automatiquement mise à jour sur le téléphone, offrant à l’utilisateur une expérience unifiée entre ses différents terminaux », explique Orange.

Mais cette nouveauté permettra aussi aux abonnés d’accéder à certaines pages internet depuis leur navigateur, même dans des zones qui ne seront pas couvertes par la téléphonie mobile, dès lors que les données seront stockées sur le téléphone. Le récent LG Renoir est d’ailleurs, depuis cette fin d’année, le premier téléphone compatible avec ce procédé, sur lequel le numéro un mondial des cartes à puces, le français Gemalto, mise également.
Une puce stratégique

Orange l’explique clairement : « certes, le téléphone mobile vous permet déjà de stocker des données, mais sa durée de vie de deux ans rivalise difficilement avec les 4 ou 5 années de la carte ». Bref, l’opérateur va fortement encourager le stockage directement dans les puces plutôt que sur les mémoires des portables.

Source : www.lexpansion.com